24 AU 28 NOVEMBRE 2025

POGO a un penchant pour les démarches collectives. Comme personne intersexe vivant une double invisibilisation (société et communauté queer), elle porte depuis l’enfance les marques de l’exploitation du regard des autres et du corps médical, ce qui l’a menée à développer une pratique artistique autour du corps et des habitudes sociales qui s’y sédimentent. Elle crée avec le corps chantant, parlant, qui se meut et qui est mu, le corps individualisé et communautaire, politique et guérisseur.

CHEEZ LYZ, artiste qui a décrié en slam, théâtre, lutte, performance, bruitisme, actions et implications les différents abus du capitalisme et du colonialisme, apprend à vivre avec un corps brisé par le travail physique en extérieur, poussé à la performance par les logiques d’exploitation des territoires.

Leurs créativités respectives se nourrissent régulièrement depuis presque dix ans et l’an dernier, une collaboration autour d’une pièce de rap leur donne envie de poursuivre une recherche-création avec ce médium, articulée autour de nouveaux rituels pour habiter nos corps-territoires meurtris.

PROJET DE RÉSIDENCE

Résonne/Borborythmes prend comme point de départ l’expérience des corps et des territoires brimés par les mêmes systèmes d’exploitation. Notre réflexion sur les racines du rap et son voyage comme tradition orale qui exprime des oppressions à travers les cultures est une assise fertile pour penser nos liens avec les territoires, les formes de violences politiques et individuelles, et nos propres privilèges.

Nous souhaitons aborder les réflexions suivantes : les corps comme seuls territoires qui nous appartiennent : comme les territoires sont des communs; comment enraciner les créations dans la protection du territoire et l’anticolonialisme; comment déployer le rap au-delà de la bouche, dans le reste du corps; comment concilier l’auto-soin à travers les pratiques rituelles et l’ancrage dans des actions/discours militants.

Cette résidence nous permet une première recherche, une occasion de partager les explorations avec un public et de le sonder notamment sur l’aspect participatif des œuvres-rituels lors de la médiation.

MÉDIATION : 28 novembre 17H à 19H

Les arts communautaires sont au cœur de nos réflexions sur la pratique artistique comme outil de transformation sociale et d’empouvoirement des collectivités. Ainsi, nous souhaitons créer des échanges avec le public qui ne le figent pas dans une posture de consommation, mais permettent une expérience active de la culture.

Nous proposons d’ouvrir un espace d’expérimentation de notre démarche, tout en testant les paramètres de sa reproduction dans des contextes de mobilisations collectives. À travers un atelier de mouvement basé sur le vocabulaire symbolique que nous aurons créé pendant la résidence, le public serait invité à agencer ces gestes selon une rythmique qui porte un message, soutenu par un court exercice d’écriture poétique. Cet atelier sera offert en mixité choisie pour personnes non-binaires, trans et femmes, avec un souci d’accueillir des personnes de tout âge.